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Elégie... envol de libellules

La porteuse du secret - Chapitre 5

Des semaines s’étaient écoulées. Elisabeth n’étaient point sur ses lauriers où les songes vagabondent à raison et à tort. Elle courrait de droite à gauche. Son désir ? Sauver ce lien riche d’histoire et de secrets…

 

Elle recrute sa mobilisation ; un maximum de personnes volontaires… Des anciens contacts, des amis, des inconnus d’un soir et des anciens d’un petit théâtre de quartier se mobilisèrent dans la conquête d’un appel au don. Et tant pis s’ils ne parviennent pas à réussir à réunir les fonds, la fin ne sera pas emporter dans l’oubli ! Oui, mais…non... il faut que ce théâtre vit !

 

 

Des musiciens, des artistes du music-hall aux fins de mois difficiles dont ils ont travaillé au guichet, dans les coulisses, après les représentations, nettoyé les locaux propres ; un « chapeau l’artiste » d’Alfred comme un signe d’encouragement, une bouée de sauvetage les a maintenu en vie dans leurs heures difficiles… des chanteurs interprètes qui ont posés leur tête sur l’épaule d’Alfred…. Des artistes jongleurs qui ont vu leur carrière décollé dès leur première prestation dans ce lieu… et puis ceux porteur du secret. L’un d’eux raconta sa merveilleuse histoire : 

 

 

« Je n’avais plus un soupçon d’inspiration. Ma petite musique m’avait quitté, jusqu’au jour où ce bon Alfred me posa sur un piano... il me parla longuement de cet endroit ; un drôle d’endroit ce théâtre…

Inconsciemment, mes doigts se sont mis à jouer une mélodie, une belle musique… Il ne parla plus, nous écoutions cette musique sortit de nulle part. Mon corps s’est épris de frissons, et les larmes tombèrent joyeusement dans un silence indéfinissablement beau…

 

Ma plume s’est remise à écrire, à écrire, encore et encore… Aujourd’hui je vis de mes textes et de ma musique. Mais quand la page blanche essaye de s’incruster, je n’ai qu’à revivre cet instant en refermant les yeux, et l’inspiration me revient comme un nouveau souffle… Il y a un secret dans ce piano. Je n’aimerais pas le connaître, la magie s’éteindrait… Aujourd’hui, je sais… Je sais que je ne le dévoilerai point.

 

C’est une bonne raison de faire parti de cette nouvelle aventure…»

 

 

***

 

 

Le combiné à la main, quelques pianotements sur le clavier en plastique. De l’autre côté de la ligne ? Ca sonne !  Inspirer, expirer… et sourire surtout !

 

 

« Allo ?

 

- Alfred, c’est Elisabeth ! Excusez-moi de vous déranger, j’aimerais savoir si je peux venir au théâtre mercredi soir, jouer sur votre piano ?

 

- C’est-à-dire…

 

- Oh, si ça ne vous dérange pas… La dernière fois, que vous m’avez amenée à cet instrument, j’ai été immergé par une belle émotion, comme si les étoiles peuvent porter vers un univers aussi libre que le vent… s’il vous plaît… Promis je me ferais toute petite. Et même si ce n’est qu’une heure ce serait un immense bonheur que vous m’accorderez …

 

A ces mots, Alfred ne savait quoi dire. Il ne pouvait pas refuser. :

- C’est d’accord. De toute façon, je serais là toute la journée. J’ai un rendez-vous  au théâtre.

 

Elisabeth ne releva pas la parole sur ses derniers mots et lui dit simplement :

- Merci, à mercredi. »

 

 

Tout s’enclenche avec perfection…

 

 

***

 

 

La veille, l’heure est aux derniers préparatifs. Les dernières dispositions, et la prière de tout un groupe réuni, comme si il allait entrer en scène pour une pièce théâtrale où, d’ailleurs, tout le monde connait son rôle… Pourtant c’est bien dans un théâtre que tout se passera.

 

 

 

***

 

 

 

Pas de question, ni rébellion.

Chacun à son poste, ils envahissent le théâtre.

 

 

Alfred entendit le bruit de son bureau,

Au dessus du balcon.

Un trompe l’œil

Lui permet

De voir

 

 

Elisabeth entra dans le bureau

Sans prendre la peine de taper.

 

 

Alfred, en rendez-vous avec son créancier,

Confus, il entra dans une grande colère.

Elisabeth haussa la voix… c’est la cacophonie.

Le banquier,

Arbitre malgré lui,

Donna la parole à tour de rôle.

 

 

Elisabeth s’explique :

« Monsieur, voici l’argent pour le théâtre.

Il vient des donateurs

Tous réunirent ce soir pour une représentation

Dont nous vous avons convié. 

Un concert unique,peut-être...

Où les airs auront l’empreinte

De diverses âmes…»

 

 

Alfred écoutait…

Il l’écoutait parler jusqu’à ce qu’elle disparaisse…

Le banquier estomaquait…

Demanda un alcool fort.

Alfred et lui reprirent place

Et se partagèrent un bourbon...

 

En bas ? C’est la bonne ambiance tout le monde confiant.

Le piano en piste.

La salle se remplie.

 

 

C’est l’heure !

Le brigadier sonne

Les neuf coups

Appelant les muses

Puis trois coups

Symbolisant la Trinité

Et se terminant dans le Mystère…

 

 

Elisabeth, vêtue d’une robe d’ébène

Et d’un châle aux reflets rubis,

Se pose au piano, comme un corbel…

 

 

L’ambiance envahie la salle aux premières notes,

Sa voix conquis l’assemblée d’oreilles attentives,

Des iris qui pétillent aux larmes échappées…

                                                              

                                     

                

Là-haut, un trompe l’œil conquis,

Plus aucun souci à se faire,

Le théâtre renaît…

 

 

 

En toute intimité,

Le public partage

Sur les ondes

D’une clef de sol

La porteuse

Du secret…

 


Tous droits réservés - 2013 - Lauriane Lopès



12/01/2013
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